« La fermeture du tribunal, c'est une injustice »
Par Gaëlle le samedi 20 février 2010, 14:38 - Revue de presse - Lien permanent
Il
est définitivement rayé de la carte judiciaire. Consternation, hier, à
l'annonce de la décision du Conseil d'État. Personnel, élus et avocats accusent
le coup. Reportage
Visages défaits, hier, dans le hall du tribunal de Guingamp. Ils osaient encore y croire mais finalement, c'est le coup de massue pour le personnel, les élus et les avocats. La décision est tombée. Implacable : le Conseil d'État rejette les recours déposés par les avocats et l'association Justice en Trégor-Argoat. Le tribunal parmi les plus efficaces de l'Hexagone, est condamné à faire ses cartons. Ses portes se refermeront définitivement le 31 décembre. Et l'avenir de ses trente fonctionnaires se jouera désormais à Saint-Brieuc.
« Nous sommes en colère »
L'avis du rapporteur, il y a quinze jours devant le Conseil d'État, avait laissé présager une autre issue. En plaidant la cause du tribunal de grande instance (TGI), il avait ravivé tous les espoirs de ses défenseurs. Mais le Conseil d'État ne l'a pas suivi.
« C'est
une décision inique et injuste, lâche Me Brigitte Debreu-Milon, avocate au
barreau de Guingamp, les dents serrées. Alors oui, nous sommes en colère. Mais
pas en deuil. Car nous allons désormais porter le combat sur le front
politique. » Les élus voudraient y croire, mais ils peinent à masquer leur
découragement : « Nous ne manquerons pas d'interpeller la ministre à
l'Assemblée, indiquent la députée Marie-Renée Oget et Yannick Botrel, le
sénateur-maire de Bourbriac. Mais comment la faire plier ? Michelle
Alliot-Marie avait déjà refusé de nous recevoir... »
Et le tribunal pour enfants ?
Tous dénoncent « une suppression incompréhensible décidée de façon autoritaire ». L'UDB dit tout de même « saluer la lutte exemplaire des salariés et du monde judiciaire, et soutenir toute démarche visant à garantir l'accès à la justice pour tous sur le territoire de Guingamp et du Centre-Bretagne, transformé en désert judiciaire ».
Seule lueur à l'horizon : le Conseil d'État décide dans le même temps
d'épargner le tribunal pour enfants de Guingamp, suite à une irrégularité de
procédure. Alors définitivement tiré d'affaire, le tribunal pour enfants ?
Même pas. Car la Chancellerie ne tarde pas à faire savoir qu'elle va
« régulariser la situation sous peu ». Autant dire qu'après la
condamnation ferme du TGI, le tribunal pour enfants écope d'un sursis. Journée
noire, hier, pour Guingamp.
Ouest-France - 20 février 2010
