Lannion. Le tribunal d'instance a fermé ses portes
Par Gaëlle le mercredi 11 novembre 2009, 11:15 - Revue de presse - Lien permanent
Hier, se déroulait l'ultime jour
d'audience au tribunal de Lannion. En signe de colère et de protestation, élus
locaux, avocats et citoyens se sont mobilisés sur le perron du palais de
justice. Seul un mince espoir subsiste.
Le rideau est tombé. Après 600 ans de bons et loyaux services, les effets de manche à Lannion, c'est fini. Le gouvernement, dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire, a décidé la suppression pure et simple du tribunal d'instance trégorrois. La sentence ne date pas d'hier, et la protestation qui en découle non plus. Toutefois, de manière symbolique, élus locaux, avocats du barreau Guingamp-Lannion, et simples citoyens se sont retrouvés sur le perron du palais de justice, hier, à 9h sonnantes. Juste avant l'ouverture de l'ultime audience.
Un recours comme seul espoir
«Aujourd'hui est un jour de colère, tonne, d'emblée, Brigitte Debreu-Milon, doyenne des avocats du barreau. Colère de ne pas avoir été informés de la suppression du tribunal d'instance lorsqu'il était encore temps de le défendre. Colère face au mépris des autorités pour ceux qui pouvaient s'en remettre à la justice de proximité pour régler un conflit, ou demander l'aide du juge des tutelles. Et colère de voir se maintenir en France, d'autres tribunaux de moindre importance». Tour à tour, Christian Marquet, maire de Lannion, et Corinne Erhel, députée de la circonscription, ont exprimé leur «indignation contre cette décision injuste». Désormais, pour solliciter l'organe judiciaire, les Trégorrois devront se déplacer à Saint-Brieuc ou Brest. «Il s'agit d'un non-sens en matière de politique judiciaire et en matière d'aménagement du territoire, insiste la députée. Le seul espoir qu'il nous reste, c'est le recours auprès du Conseil d'État que nous avons envoyé en décembre2008. Or, à ce jour, il n'a toujours pas été examiné. C'est pourquoi nous demandons ce jour, par courrier, un moratoire à la garde des Sceaux. L'espoir est mince, mais il existe». Dans un courrier daté du 5novembre dernier, le vice-président du Conseil d'État assure que la requête sera «étudiée entre janvier et mars2010». D'ici là, le palais de justice de Lannion aura été entièrement vidé.
Benoît Tréhorel
