Carte judiciaire : la commission des finances dénonce son coût immobilier
Par Gaëlle le jeudi 5 novembre 2009, 19:46 - Revue de presse - Lien permanent
La
gestion du patrimoine immobilier de la Chancellerie est taclée par les députés
de la commission des finances qui rendra public vendredi son rapport. Les
parlementaires s'interrogent sur l'apport de l'agence de maîtrise d'ouvrage
dans la programmation des travaux pénitentiaires et judiciaires. Surtout face
au coût de la réforme de la carte judiciaire.
Un coût bugétaire "très important" Le montant des travaux restant à
effectuer concernant la réforme de la carte judiciaire s'élève, selon le
rapport d'Yves Deniaud (UMP), à 385,7 millions d'euros sur 10
ans, réparti entre le ministère de la justice et son agence
immobilière, l'Agence de maîtrise d'ouvrage des travaux du ministère de la
justice (anciennement AMOTMJ, devenue l'APIJ). Mais les députés
s'interrogent sur les critères qui ont prévalu "à la distinction entre travaux
relevant de la réforme de la carte judiciaire et hors carte judiciaire" (dont
le montant est estimé à 1267,7 millions d'euros) car "la tentation pourrait
être forte pour l'agence et le ministère de classer dans la catégorie "hors
carte judiciaire" des travaux qui pourtant sont la conséquence directe de la
réforme". Autre source d'étonnement pour les parlementaires, le
chiffrage successif des coûts immobiliers de la réforme. Ainsi, lors de
l'examen du projet de loi de finances pour 2009, le montant de 385 millions
d'euros sur 5 ans est "exactement équivalent" à celui proposé dans le nouveau
projet de loi. Suppression du TGI de Rochefort : incohérent Outre le fait
qu'à ces chiffres s'ajoutent les opérations en achèvement garantis en 2008,
estimées à 151 millions d'euros (1), le rapporteur du rapport soulève quelques
incohérences dans la mise en pratique des travaux. C'est ainsi le cas de la
fermeture du tribunal de Rochefort au profit de La Rochelle (lire notre article
du 25 septembre). Ce tribunal "avait une activité importante en matière
correctionnelle et fonctionnait dans des conditions satisfaisantes. En outre,
il avait récemment fait l'objet de travaux d'aménagements lourds". En
comparaison, le rapport estime que le tribunal de La Rochelle est installé
"dans une vieille ville" et le transfert des activités implique "la
construction d'une cité judiciaire à l'extérieur de la ville pour un coût
pouvant atteindre les 25 millions d'euros". La Chancellerie aurait pu, selon
les députés, "imaginer" un seul TGI sur 2 établissements distants de 24km
d'autoroute. Leur conclusion est la même pour le tribunal de Vienne, en
Isère.
