Palais_detruit.jpgLes velléités réformatrices du gouvernement se heurtent à forte résistance dans le monde de l'éducation et le milieu judiciaire.

Après une année « faste », les ministres de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur ont désormais les plus grandes difficultés à faire passer leurs réformes auprès de leurs troupes, hérissées par les suppressions de postes. Au point qu'il leur faille recourir à des médiateurs pour renouer le dialogue. L'hôte de la rue de Grenelle, Xavier Darcos, a dû « reporter » d'un an sa réforme des lycées face à la bronca de la jeunesse. Son homologue de l'Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, doit, elle, gérer la fronde contre son décret réformant le statut des enseignants-chercheurs. Un texte emblématique puisqu'il s'agit de la première application réelle de sa loi sur l'autonomie des universités. Et les revendications s'étendent désormais à la réforme de la formation des enseignants et se durcissent, certains exigeant le retrait total de la loi sur l'autonomie.

L'exécutif se trouve dans une impasse, malgré des reculs successifs : après avoir annoncé le gel des suppressions de postes en 2010 et 2011, la réécriture complète du décret sur les enseignants-chercheurs, il a promis, jeudi dernier, d'étaler sur deux ans sa réforme sur les masters d'enseignement. Grogne généralisée

Côté justice, les réformes avancent, certes, mais dans la douleur et sur fond de résistance également. Magistrats, personnels pénitentiaires, avocats : la grogne s'est généralisée à l'ensemble du monde judiciaire. Un climat qui a largement participé au départ programmé de Rachida Dati de la chancellerie. Déjà échaudés par le redécoupage de la carte judiciaire, dont la finalisation pose encore question, et les lois sur les peines planchers ou la rétention de sûreté, les juges se sont montrés particulièrement réticents sur la réforme de la procédure pénale, annoncée par Nicolas Sarkozy en janvier, et dont pourrait découler la suppression du juge d'instruction.

La réforme de la justice des mineurs est elle aussi en route (lire page 4) mais l'une des propositions phares - la possibilité de pouvoir incarcérer un mineur dès l'âge de douze ans - a été écartée sans ménagement par François Fillon lui-même. Reste la loi pénitentiaire, dont l'examen par l'Assemblée nationale est attendu avant l'été, après qu'elle a été largement amendée par le Sénat.

L. A. ET M. B., Les Echos - 17 mars 2009