Tribunaux fermés. Trouver des fonds pour un nouveau recours
Par Gaëlle le samedi 6 décembre 2008, 19:49 - Revue de presse - Lien permanent
Face à un
nouveau décret de fermeture, l’association de défense des tribunaux de Guingamp
et Lannion devra intenter un nouveau recours. Et en appelle au soutien
financier des communes. Un résumé des faits s’impose. Le 15 février 2008, la
ministre de la Justice, Rachida Dati, publie un décret qui prévoit la fermeture
du tribunal de grande instance de Guingamp, au 31 décembre 2010, et celle du
tribunal d’instance de Lannion, dès le 31 décembre 2009. Rapidement, les
députées socialistes Marie-Renée Oget et Corinne Erhel créent une association,
pour s’opposer à cette décision.
Un premier recours sans réponse
« Justice en Trégor-Argoat », c’est son nom, regroupe des communes, des
professionnels de la justice et des particuliers. L’association s’empresse de
déposer un recours devant le Conseil d’État. Les avocats du barreau de Guingamp
en font alors de même. « Notre avocat a déposé un mémoire. Mais la
chancellerie n’y a pas répondu. Le Conseil d’État l’a pourtant mis en demeure
de déposer ses conclusions », raconte Marie-Renée Oget.
La chancellerie en difficulté ?
La réponse de la ministre de la Justice est arrivée le 30 octobre, mais sous
la forme d’un nouveau décret, qui abroge celui du 15 février, mais reprend les
mêmes dispositions. « Ce nouveau décret purge les vices de forme du
précédent. Mais il ne purge pas les questions de fond, auxquelles le Conseil
d’État ne serait pas insensible. La chancellerie semble en difficulté dans ces
procédures », estiment les avocats du barreau de Guingamp, qui reprennent
espoir de renverser la situation. Pour cela, il faut un nouveau recours devant
le Conseil d’État. Sur le principe, pas de problème. Réunie hier à Lannion,
l’assemblée générale de l’association a voté à l’unanimité pour lancer la
procédure. Reste maintenant à réunir les fonds pour payer les frais, soit 4.500
€. Une somme modique à première vue, dans un dossier qui intéresse 150
communes, dans le ressort du tribunal de Guingamp.
Il manque 1.500 €
Mais à ce jour, seule une trentaine a effectivement adhéré à l’association et le montant des cotisations ne dépasse pas 3.000 €. L’association va donc les relancer dans les prochains jours, sachant que le recours devra être déposé pour le 30 décembre. « Le tribunal n’est pas perçu comme un service public comme les autres. Il est pourtant fondamental. Si on lâche là-dessus, on s’expose à un désert judiciaire », argumente la députée Corinne Erhel.
Pratique Association « Justice en Trégor-Argoat », 1, rue des
Carmélites, à Guingamp. Tél. 02.96.40.08.97,
justiceentregorargoat@orange.fr
Jean-Luc Le Roux
Le Télégramme - 6 décembre 2008
