2e recours contre la suppression des tribunaux
Par Gaëlle le samedi 6 décembre 2008, 19:07 - Revue de presse - Lien permanent
« Justice en Trégor-Argoat » va à nouveau
batailler pour maintenir Guingamp et Lannion dans la carte judiciaire. Pour
cela, il faut de l'argent. A deuxième décret, deuxième recours... L'association
Justice en Trégor-Argoat ne baisse pas la garde pour essayer de sauver le
tribunal de grande instance de Guingamp et le tribunal d'instance de
Lannion.
Créée en mars 2008, elle avait déposé un premier recours contre le décret de Rachida Dati. « Nous n'avons eu aucun retour de la chancellerie », remarque Marie-Renée Oget, députée de Guingamp. La ministre ayant déposé un second décret, fin octobre, l'association doit repartir à zéro. « Ce nouveau décret montre qu'on était en droit de faire des recours. Il ne faut pas lâcher maintenant », plaide Corinne Erhel, députée de Lannion. « Il est vrai que ce nouveau décret purge certains vices de forme mais pas tout, souligne une avocate. Et, surtout, pas les questions de fond qui ne laisseront peut-être pas le conseil d'État insensible. »
Les craintes sont pourtant fortes de voir Lannion fermer, fin 2009, et Guingamp, fin 2010, en jouant le pourrissement. Déjà, au 1er janvier 2009, la compétence commerciale de Guingamp sera transférée à Saint-Brieuc. « Je crois qu'on essaie même de nous fermer plus tôt que prévu, en ne remplaçant pas des départs à la retraite et des mutations dans nos tribunaux, remarque l'une des quarante personnes réunies, hier matin, en mairie de Lannion. Si tout cela arrivait avant que le conseil d'État ne statue sur notre recours ? » Ce dernier sera déposé par l'association avant le 30 décembre 2008. En espérant que les finances suivent car, pour l'instant, ce n'est pas le cas.
31 communes sur 150
« Malgré nos 3 000 € d'adhésion, il nous manque 1 000 à 1 500 € pour financer ce recours », commente Marie-Renée Oget. Si 200 particuliers ont adhéré, sur les 150 communes potentiellement concernées, seules 31 ont pour l'instant adhéré et versé une petite obole en forme d'adhésion (et non pas de subvention).
Pourquoi une telle frilosité des communes ? « Peut-être parce que le tribunal n'est pas perçu, comme les autres services publics, comme relevant de la vie quotidienne, expliquent les deux députées. On ne voit pas forcément son importance alors qu'il concerne plusieurs domaines. » Tutelles, divorces, surendettement, petits litiges de voisinage, etc. « Or, soupire Christian Marquet, maire de Lannion, s'il faut désormais que les gens aillent jusqu'à Saint-Brieuc pour ça... »
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