Monet.jpgLe Trégor: Vous aviez qualifié la réforme de la carte judiciaire de Rachida Dati de "raz-de-marée brutal et inattendu".
M-S. Monet: Oui, il y a des choses à dire tant sur le fond que sur la forme. J'ai dénoncé la manière dont on nous a mis devant le fait accompli. le tribunal de Guingamp doit fermer en janvier 2011 mais on ne sait rien. Les personnels iront certainement travailler à Saint-Brieuc mais où ? Le tribunal d'instance doit reprendre quelques unes de nos compétences mais lesquelles ? En plus, je suis convaincue que le tribunal de Guingamp a largement sa raison d'être sociologiquement et économiquement. Le volume d'affaires traitées à Guingamp représente 60 à 75 % des affaires traitées à Saint-Brieuc, selon que l'on juge en procédures pénales ou civiles. En comparaison, la population de l'arrondissement judiciaire de Guingamp est de 180.000 personnes, celles de Saint-Brieuc de 250.000 personnes, ramenée à un pourcentage cela fait 60 %. C'est significatif ! Chaque année, sur le plan pénal, 13.000 procès-verbaux sont dressés. Il fallait une réforme de la carte judiciaire, pas une coupe sombre !
Le Trégor: Qui vous succède ?
M-S. Monet: Personne ! Mes deux substituts, Antoine Loussot et Nicolas Le Bris, qui est en fait un procureur délégué, vont avoir beaucoup de travail ! Heureusement, un président doit officiellement prendre ses fonctions en janvier. Depuis le départ d'Annie Antoine en septembre, ce poste était vacant. Mme Guégan-Surget assurait l'intérim. La personne qui doit être nommée était vice-procureur au tribunal de grande instance de Quimper.

Extraits d'une interview réalisée par Claire Staes pour le Trégor, le 4 décembre 2008.