Marie-Sophie Monet, procureur du TGI de Guingamp: "Personne ne me succède"
Par Gaëlle le jeudi 4 décembre 2008, 19:31 - Revue de presse - Lien permanent
Le Trégor:
Vous aviez qualifié la réforme de la carte judiciaire de Rachida Dati de
"raz-de-marée brutal et inattendu".
M-S. Monet: Oui, il y a des choses à dire tant sur le fond que sur la forme.
J'ai dénoncé la manière dont on nous a mis devant le fait accompli. le tribunal
de Guingamp doit fermer en janvier 2011 mais on ne sait rien. Les personnels
iront certainement travailler à Saint-Brieuc mais où ? Le tribunal
d'instance doit reprendre quelques unes de nos compétences mais
lesquelles ? En plus, je suis convaincue que le tribunal de Guingamp a
largement sa raison d'être sociologiquement et économiquement. Le volume
d'affaires traitées à Guingamp représente 60 à 75 % des affaires traitées à
Saint-Brieuc, selon que l'on juge en procédures pénales ou civiles. En
comparaison, la population de l'arrondissement judiciaire de Guingamp est de
180.000 personnes, celles de Saint-Brieuc de 250.000 personnes, ramenée à un
pourcentage cela fait 60 %. C'est significatif ! Chaque année, sur le plan
pénal, 13.000 procès-verbaux sont dressés. Il fallait une réforme de la carte
judiciaire, pas une coupe sombre !
Le Trégor: Qui vous succède ?
M-S. Monet: Personne ! Mes deux substituts, Antoine Loussot et Nicolas Le
Bris, qui est en fait un procureur délégué, vont avoir beaucoup de
travail ! Heureusement, un président doit officiellement prendre ses
fonctions en janvier. Depuis le départ d'Annie Antoine en septembre, ce poste
était vacant. Mme Guégan-Surget assurait l'intérim. La personne qui doit être
nommée était vice-procureur au tribunal de grande instance de
Quimper.
Extraits d'une interview réalisée par Claire Staes pour le Trégor, le 4 décembre 2008.

Commentaires
Une grande admiration pour une carrière si bien menée, dommage pour le relève.
Que deviennent les dossiers des quidam lambda pour lesquels une juridiction de proximité et une personne reconnue (la procureure), sont souvent prmordiaux pour une reconnaissance officielle des difficultés humaines qu'ils ont subies ? La justice ordinaire n' a plus sa place dans un univers pervertis par un regard trop souvent administratif et soumis au diktat financier qui gère . Le respect humain ne vaut rien dans cette balance, surtout si cet humain n'a pas les moyens !!!