Des sous-préfectures sans sous-préfet
Par Gaëlle le vendredi 12 septembre 2008, 09:47 - Revue de presse - Lien permanent
L’Etat fait le ménage. La fonction de
sous-préfet va disparaître dans quinze arrondissements. Quinze sous-préfectures
sur 245 vont perdre leur sous-préfet d’arrondissement. Ils seront remplacés par
« un conseiller d’administration de l’Intérieur ou de l’outre-mer nommé
dans l’un des 115 arrondissements de 2 e catégorie » dont la liste a été
publiée au Journal officiel le 25 mai. Dans cette liste de 115, figure,
pour la Bretagne, Redon et Fougères, qui, à terme, pourraient elles aussi
perdre leur sous-préfet. Les huit autres sous-préfectures, Brest, Morlaix,
Châteaulin, Lannion, Guingamp, Dinan, Lorient et Pontivy, ne sont pas
concernées. « Sous-préfet de second rang » C’est Bernadette
Malgorn, secrétaire générale du ministère de l’Intérieur et ancien préfet de
Région Bretagne qui, dans une circulaire interne datée du 25 juin, précise la
création de ce corps que le syndicat FO des préfectures appelle « des
sous-préfets de second rang ». Destinée à revaloriser les carrières des
fonctionnaires de catégorie A, cette réforme rentre dans le cadre de la RGPP
(Révision générale des politiques publiques) dont la finalité est de réduire le
train de l’Etat. S’ils n’auront pas les mêmes contraintes que les membres du
corps préfectoral - pas de permanence préfectorale - ces conseillers
d’administrations perdent aussi les avantages liés à la fonction : pas de
logement à la sous-préfecture, pas de voiture de fonction et de détachement
pendant deux ans. C’est la sous-préfecture de Montdidier (Somme) qui inaugure
ce « lifting » administratif. Un certain nombre de directeurs de
cabinet de préfet - 24 précisément dans des départements de moins de 300.000
habitants - ont déjà ce statut de conseiller d’administration. Eux, par contre,
conservent logement et véhicule de fonction et doivent assurer les permanences.
Des sous-préfectures menacées ? Cette réforme, à petit pas,
est-elle le premier pas conduisant à la suppression de certaines
sous-préfectures ? Claude Guéant, secrétaire général de l’Elysée, a
démenti, mardi, tout plan de suppression de ce type, tout en reconnaissant
« un projet de réorganisation de leur travail ». Il a aussi affirmé
« qu’une réflexion doit être conduite sur la question de la vie des
collectivités ». Le syndicat FO des préfectures, pas convaincu, appelle à une
manifestation nationale le 2 octobre, place de la République à Paris.
On peut penser que la levée de boucliers lors de la réforme de la carte
judiciaire - 201 tribunaux de grande instance et d’instance supprimés en 2009
et 2010 - puis les annonces, en juillet, des villes touchées par le départ de
régiments, conduisent le gouvernement à user de prudence sur une possible
réduction du format de sa présence dans les territoires ruraux.
Michel Le Hébel
Le Télégramme - 12 septembre 2008
