Avoues_Rennes.jpgLe personnel des avoués près la cour d'appel de Rennes, qui couvre les quatre départements et la Loire-Atlantique, a entamé un mouvement de grève. Les audiences commerciales et civiles n'ont pas pu avoir lieu.

Ces auxiliaires de justice et leur personnel essaient de sauver leur profession. La garde des Sceaux a décidé récemment de la supprimer.

Les avoués près la cour d'appel de Rennes et leur personnel (une centaine de salariés) sont en colère. Le 9 juin, la garde des Sceaux, Rachida Dati, a annoncé la suppression de leur profession. Une proposition qui émane du rapport Attali. Les dix-huit avoués de Rennes, répartis dans huit études, craignent de disparaître à l'horizon 2010.

Qui va les remplacer ? Les avocats prendront-ils en charge leur travail ? Les avoués s'interrogent.

Peu connus du grand public, ces auxiliaires de justice interviennent devant les cours d'appel, uniquement en matière commerciale et civile. « Nous sommes des spécialistes de la procédure d'appel, chargés d'instruire les dossiers, de transmettre et d'exécuter les décisions », détaille François Perot, président de la Compagnie des avoués de Rennes.

« Grève illimitée »

L'annonce de la Ministre a été faite « sans concertation et de manière brutale », regrette-t-il. Les salariés - principalement des femmes secrétaires et collaboratrices - craignent aussi pour leur avenir. « La majorité d'entre nous a quarante ans et dix ans d'ancienneté. Aucune mesure de reclassement n'a été annoncée. La reconversion sera très difficile », redoute Amandine Thiry, collaboratrice dans une étude.

Pour manifester leur mécontentement, les avoués et leur personnel ont frappé fort hier après-midi en demandant le retrait des affaires inscrites à la cour d'appel. Les audiences n'ont pas pu avoir lieu. « C'est la seule manière de se faire entendre, s'indigne Florence Guibourgé, collaboratrice d'avoué. Nous sommes en grève illimitée jusqu'à ce que le ministère accepte de négocier ».

Ouest-France - 17 juin 2008