militaire.pngArmée de terre : ceinturon pour les villes de garnison

Extrait du document interne de l'état-major de l'armée de terre. Défense. Une trentaine d’implantations devraient être fermées et des régiments dissous.

Les villes de garnison vont souffrir. Selon un document interne de l’état-major de l’armée de terre, dont nous avons eu connaissance, une trentaine de garnisons vont être fermées d’ici à 2012 et plus d’une dizaine de régiments dissous. Ce document, daté du 4 février 2008, concerne les «opérations domaniales et infrastructures», liées à la réorganisation des armées entreprise dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Ce «document de travail» peut encore faire l’objet de quelques «arbitrages», précise un proche du dossier, mais il trace un portrait de ce que sera l’armée de terre vers 2010. Unités transférées. L’idée de base est de «densifier» les implantations, comme pour la carte judiciaire ou hospitalière. Des unités seront supprimées, d’autres transférées. La liste de ce que les militaires qualifient d’«abandon de garnison» est longue : Limoges, Lunéville, Versailles (partiellement), Noyon, Saarburg (Allemagne), Bourg-Saint-Maurice, Senlis, Bitche, Laon-Couvron, Commercy, Fontevraud (partiellement), Charleville-Mézières, Sourdun, Joigny, Chaumont, Dieuze, Rambouillet, Châteauroux, Arras, Givet, Briançon et Barcelonnette. S’y rajouteraient de plus petites implantations : Château-Chinon, Fourchambault, Guéret, Neuvy-Pailloux, Tulle, Langres, Saint-Florentin et Bruz.

Cette liste montre que le quart nord-est du pays est très touché, et que les fermetures ont souvent lieu dans des zones qui connaissent déjà des difficultés économiques. Mais le ministre de la Défense, Hervé Morin, ne cesse de répéter que «la Défense n’a pas vocation à faire de l’aménagement du territoire». Un discours qui séduit les états-majors, mais qui inquiète d’autres officiers. «Certes, explique l’un d’eux, mais nous avons aussi vocation à faire du lien social.»

Quant aux unités appelées à disparaître, la liste est longue : les 8e, 12e et 402e régiment d’artillerie, les 1er, 2e et 5e régiment du génie, le 6e régiment de commandement et de soutien, le 517e régiment du train, le 601e régiment de circulation routière, le centre d’entraînement commando de Givet, le centre national d’aguerrissement à la montagne, le centre d’instruction et d’entraînement au combat en montagne et plusieurs unités du commissariat (4) et du matériel (7).

Génie. Des états-majors passeraient à la trappe, comme l’EMF 3 et l’EMF 4, ainsi que ceux des brigades du génie et de l’artillerie. Outre ses fermetures, de nombreux régiments vont déménager : ainsi l’Ecole d’application de l’infanterie quittera Montpellier pour Saumur ou Draguignan.

Libération 1er avril 2008