Alors qu'ici et là, les avocats entament des « mouvements de grève illimités » pour protester contre le projet de réforme du divorce, comme à Orléans, à Angers ou à Carpentras, la refonte de la carte judiciaire n'en finit plus de susciter des vagues de protestation.

A Avignon hier soir, 300 avocats et magistrats du Sud-Est étaient réunis contre les deux projets. A Beauvais, les robes noires ont entamé lundi leur huitième semaine de grève pour protester contre le nouveau maillage judiciaire. Cette réforme, engagée depuis la rentrée par la garde des Sceaux, Rachida Dati, prévoit la suppression de 23 tribunaux de grande instance, 178 tribunaux d'instance (dont 2 aux Antilles), 63 conseils de prud'hommes et 55 tribunaux d'instance, condamnés à disparaître au plus tard d'ici à 2011. Et malgré la grogne, elle se fera, ne cesse de répéter la ministre de la Justice.

Un comité technique paritaire, réunissant les directions des services concernés à la chancellerie et les représentants syndicaux de toutes les professions judiciaires, se réunira aujourd'hui pour décortiquer le projet de décret. Un avis obligatoire, mais seulement consultatif, sera rendu à la garde des Sceaux après un vote. Le texte sera alors transmis dans la foulée pour examen au Conseil d'Etat. A charge alors pour le gouvernement de signer le décret définitif en vue d'une application immédiate, qui pourrait intervenir dès la fin janvier 2008.

Le Parisien 19 décembre 2007