Justice en Tregor Argoat

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Pourquoi la suppression du TI de Lannion ne se justifie pas

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mardi 8 avril 2008

Des raisons démographiques et économiques au maintien d'un tribunal à Lannion

Fibres.jpgLors de la création de la carte judiciaire actuelle, en 1958, Lannion n’était qu’une bourgade de 5.900 habitants.
Portée par le développement du secteur des télécommunications, sa population atteint aujourd’hui 20.000 habitants, ce qui en fait derrière Saint-Brieuc, la deuxième ville des Côtes d’Armor, et la 8ème aire urbaine de Bretagne.

Le ressort de son TI compte plus de 100.000 justiciables.

Un nombre qui s'accroit encore en période estivale où la population des villes côtières est multipliée par quatre ou parfois cinq, la ville de Perros-Guirec passant par exemple de 8.000 à 30.000 habitants pendant les mois de juillet et août, Trégastel de 2.300 à 10.000 habitants, Trébeurden de 3.500 à 14.000 habitants, etc.

Il est inconcevable que sur une telle zone, dont le développement démographique, économique et industriel est réel, le justiciable et les entreprises n'aient plus un accès direct au service public de la justice.

Depuis 1960, avec l’implantation du Centre national d'étude des télécommunications (CNET), devenu France Télécom R&D puis Orange Labs, ainsi que celle du Centre de Météorologie Spatiale (Météo-France), Lannion a connu une croissance industrielle forte et continue.

De nombreuses entreprises se sont installées au sein de la technopole Anticipa qui comporte plus d'une centaine de sociétés (Alcatel-Lucent, Sagem), de nombreuses « start-up » dans le domaine des télécommunications optiques y ont vu le jour et ont désormais une envergure internationale (Ekinops, Keopsys).

Lannion regroupe désormais à elle seule 45% des activités françaises de recherche en télécommunication (plus de 3.000 ingénieurs et chercheurs).

Ce boom des entreprises High-tech a induit l’explosion démographique de la région et la présence particulièrement marquée d’une population jeune et diplômée, particularisme territorial qui a d’ailleurs été reconnu par le gouvernement.

La France a en effet lancé en juillet 2007 une nouvelle politique industrielle autour de 71 pôles de compétitivité engagés dans une démarche de développement autour de projets innovants.

Parmi ces pôles de compétitivité, 17 sont mondiaux ou à vocation mondiale, Lannion en fait partie. Il s’agit, avec Brest, des deux seuls pôles de ce type en Bretagne.
Sur le site du gouvernement (http://www.competitivite.gouv.fr/) on peut lire :

« la politique des pôles a comme objectifs finaux la création de richesses nouvelles et le développement de l’emploi dans les territoires. ».

Avec davantage de justiciables, et une politique gouvernementale visant à accroître leur nombre, on comprend mal comment la Chancellerie pourrait supprimer tout service public de la justice dans ce secteur démographiquement et économiquement important.

Il est inconcevable que seule demeure, dans la région de Lannion, une « maison de la justice et du droit » (occupée pour l’essentiel par des associations), cette dernière n’étant pas un tribunal et n’ayant aucune vocation à rendre la justice ou à dire le droit.

Pour en savoir plus sur la situation économique de la zone d'emploi de Lannion, consultez le dossier réalisé par l'INSEE et la DRIRE de Bretagne:
Premiere_partie.pdf
Deuxieme_partie.pdf
Annexes.pdf

mercredi 6 février 2008

Lannion, quelques chiffres:

Tribunal_Lannion.jpgLe Tribunal d'instance de Lannion, c'est en 2006:

- Activité civile: 305 affaires nouvelles, 314 affaires terminées, 769 injonctions de payer

- 2.520 dossiers de tutelle en cours

- 699 affaires pénales.