Après l'annulation du Conseil
d'Etat d'une partie des suppressions de juridictions prudhomales et
commerciales, les requérants ont soulevé à nouveau, mercredi pour les décrets
TI et TGI, le moyen tiré de l'irrégularité de la composition du comité
technique paritaire. L'argument n'a cependant pas convaincu le rapporteur
public.
Composition irrégulière du CTP
C'était ce moyen qui avait emporté la conviction de la Haute juridiction administrative lorsqu'elle a annulé les décrets relatifs aux pôles de l'instruction ( arrêt du 19 décembre 2008, voir notre article du 23 décembre 2008), et les décrets relatifs aux conseils de prud'hommes et aux tribunaux de commerce (arrêts du 8 juillet 2009, voir notre article du 16 juillet 2009). L'irrégularité de la composition du comité technique paritaire (CTP), dont la consultation était obligatoire, avait, alors, été soulevée dans quelques dossiers seulement. L'argument a, depuis, fait mouche. Mercredi, devant devant les 1ère et 6ème sous-sections du contentieux du Conseil d'Etat, la quasi-intégralité des requérants ont repris l'argument pour tenter de faire annuler les décrets relatifs à la suppression des TI et des TGI.
__Légalité externe écartée par le rapporteur public __ Alain Monod, avocat
au Conseil d'Etat et initiateur dudit moyen, est intervenu à la barre pour
développer à nouveau son argumentation. Le rapporteur public a estimé, quant à
lui, que le dernier arrêté de composition du CTP du 22 juillet 2008 était
régulier et qu'il ne pouvait être soutenu qu'il était "contaminé" par les
arrêtés irréguliers antérieurs. Cependant, selon Alain Monod, "même si les
conclusions du rapporteur public sont souvent suivies, elles ne constituent que
des propositions soumises aux magistrats et il n'est pas acquis que ce vice de
procédure ne sera pas retenu par le Conseil d'Etat". D'ailleurs, précise
l'avocat, lors des précédentes affaires, le rapporteur public avait soulevé les
mêmes arguments. "Le Conseil d'Etat ne serait pas cohérent s'il n'annulait pas
aussi ces décrets", a-t-il estimé.
Appréciation locale : les tribunaux qui doivent
rester
Sur le fond, et en tenant compte des critères géographiques locaux, le
rapporteur public a toutefois proposé le maintien des TGI de Moulins et de
Saint-Gaudens, dont la suppression résulte, selon lui, d'une erreur manifeste
d'appréciation. Il a également émis des doutes sur la légalité de la
suppression des TGI de Saumur, Dôle, Millau, Bellay et Guingamp (et de Tulle)
et de trois TI. Le délibéré devrait intervenir d'ici une quinzaine de
jours. Dans l'intervalle, les avocats ont annoncé qu'ils transmettraient des
notes en délibéré à la juridiction, notamment sur la régularité de la
composition du CTP, le représentant du ministère de la justice ayant produit
des pièces lors de l'audience.
Il a
plaidé la cause du tribunal de Guingamp. Aujourd'hui, le rapporteur public qui
étudie les recours déposés devant le Conseil d'état contre les fermetures de
tribunaux a contesté la suppression de celui de Guingamp, rayé
de la carte judiciaire par Rachida Dati. D'ici trois semaines, le Conseil
d'état rendra sa décision et tranchera sur l'avenir du tribunal guingampais,
qui est censé fermer le 31 décembre.


Après
près de deux ans d'attente, les recours de l'association JUSTICE EN
TREGOR-ARGOAT seront enfin examinés par le Conseil d'Etat, lors de l'audience
du 3 février prochain à 14 heures.










Jour de colère parce que
nous avons été tenus dans l'ignorance totale de ce qui se
tramait au sein du Gouvernement :